La revue « L’Histoire » (No 447, mai 2018) publie un numéro anniversaire (1978-2018) intitulé « 40 ans de controverses »

Moderator: Moderator

User avatar
phdnm
Valuable asset
Valuable asset
Posts: 4533
Joined: Tue Jun 05, 2012 12:11 pm

La revue « L’Histoire » (No 447, mai 2018) publie un numéro anniversaire (1978-2018) intitulé « 40 ans de controverses »

Postby phdnm » 5 years 1 month ago (Tue May 01, 2018 11:50 am)

La revue « L’Histoire » (No 447, mai 2018) publie un numéro anniversaire (1978-2018) intitulé « 40 ans de controverses ».


A relever un article d’Annette Wieviorka intitulé, Tribunal : la guerre des mémoires : « (…) Un pays libre est un pays où les historiens peuvent travailler sans avoir, au-dessus de leur tête, l’épée de Damoclès d’une justice qui aurait la charge d’imposer le vrai. Non qu’ils ne soient soumis, comme tout un chacun, à la loi, qui régit notamment l’accès aux archives et corsète aussi leur liberté. Ces lois mémorielles n’ont finalement guère touché la recherche, et aucun historien, en France, n’a comparu pour contestation de crime contre l’humanité ou de génocide. (…) Robert Faurisson qui a attaqué ceux qui l’ont traité de « falsificateur de l’histoire », de « faussaire », de « menteur », a perdu tous ses procès : ceux qu’il accusait de diffamation, comme Robert Badinter, ont été acquittés au bénéfice de leur bonne foi. Le 6 juin 2017 a marqué un tournant. La journaliste du Monde Ariane Chemin, elle aussi accusée de diffamation par Robert Faurisson, a été acquittée parce qu’elle disait le vrai. » (pages 89-90)

En l’occurrence, le professeur Robert Faurisson se référait, pour établir la diffamation, à un précédent jugement (du 26 avril 1983) mettant fin à un procès qui lui avait été intenté en 1979 par des organisations juives pour « dommage à autrui » par « falsification de l’histoire » et rendu par la première chambre de la Cour d’appel civile de Paris, section A.

La Cour avait alors prononcé que, dans ses écrits sur les chambres à gaz hitlériennes, on ne trouvait aucune justification aux quatre accusations portées à son encontre. Sur ce sujet, la Cour n’avait trouvé dans ses écrits 1) aucune trace de légèreté, 2) aucune trace de négligence, 3) aucune trace d’ignorance délibérée, 4) aucune trace de mensonge.

Par voie de conséquence, les magistrats avaient décidé que « La valeur des conclusions défendues par M. Faurisson [sur le problème de l’existence et du fonctionnement des chambres à gaz nazies] relève donc de la seule appréciation des experts, des historiens et du public ».

Patrick Boucheron, professeur au Collège de France, publie dans le même numéro un article en forme de bilan : « Y a-t-il une vérité en histoire ? »

« Tel est notre monde. Il laisse les historiens dans une communauté de désarroi avec tous ceux – experts, journalistes, représentants des corps intermédiaires – qui se voient contester leur rôle de médiation dans la production d’un discours de vérité. » (page 134)

« La lutte [contre le négationnisme] eut bien lieu, mais à front renversé. Dans son édition du 29 décembre de la même années 1978, Le Monde publiait la première tribune de Robert Faurisson sur « Le problème des chambres à gaz ».

A la relire aujourd’hui, toute hérissée de ses guillemets pervers, on n’est malheureusement guère dépaysé : s’y déploie la rhétorique de la démystification qui fait l’ordinaire des théories du complot, subvertissant le doute méthodologique en soupçon généralisé, flattant l’esprit de contradiction de ceux qui, « dans les jeunes générations notamment, [sont] peu disposés à accepter sans inventaire les idées acquises », comme l’écrivait si maladroitement la présentation du journal en un trait décidément empoisonné.

Alors que l’émission « Apostrophes » portait en triomphe les historiens de la nouvelle histoire, Bernard Pivot réunissant sur le plateau, le 2 février 1979, Jacques Le Goff, Georges Duby et Emmanuel Le Roy Ladurie, la grande épreuve négationniste ouvrait une nouvelle période des rapports entre histoire et vérité dans laquelle il serait bien inconséquent de croire que nous ne sommes plus encore. » (page 136)

Autrement dit, après 40 ans de controverses, les historiens de Cour reconnaissent que le « négationnisme » bouge encore, faute à ces mêmes historiens de pouvoir en réfuter les arguments.

Source : BOCAGE-INFO No 001/18

Return to “Forum Révisionniste en Français”

Who is online

Users browsing this forum: No registered users and 1 guest